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Suppression des contrats aidés : une mesure aussi brutale que dangereuse

Publié le 16 octobre 2017

Contacté par le Collectif des Associations Citoyennes (CAC), qui vient de lancer un appel pour le maintien des contrats aidés, VoxPublic a décidé de soutenir cette action d’interpellation du gouvernement et des parlementaires qui vont débattre de la loi de Finances 2018 d’ici à fin novembre.

Conférence de presse, communication sur les réseaux sociaux, information des décideurs, mise en place d’une plateforme numérique d’interpellation des députés, VoxPublic mobilise son savoir-faire pour renforcer l’action engagée par le milieu associatif.

Au 16 octobre, plus de 600 associations et fédération d’associations ont déjà signé l’appel du Collectif des Associations citoyennes. Toutes demandent au gouvernement de revenir sur son plan de réduction drastique des contrats aidés. Ce « plan social » va se traduire par la suppression de 260 000 contrats aidés entre la fin 2017 et 2018 (pour 459 000 contrats existants en 2016).

Certes, les contrats aidés ne sont pas la panacée mais, dans le contexte actuel et faute d’alternative, ils demeurent indispensables pour soutenir des activités socialement très utiles autant que pour permettre aux plus précaires de retrouver un accès au travail.

Face à une première levée de boucliers fin août juste après l’annonce du plan de réduction, le gouvernement a tenté de calmer le jeu en annonçant la « sanctuarisation » d’une poignée de secteurs d’activités (urgence sociale comme les restos du Cœur, aide aux personnes handicapées, contrats dans les Dom-Tom, certains emplois dans le secteur de l’enseignement).

Il n’empêche que des milliers d’associations qui contribuent à la cohésion sociale, à la solidarité de proximité en milieu rural, à des actions de prévention dans les quartiers défavorisés, sont directement touchées et auront du mal à maintenir leurs activités pourtant essentielles pour les publics concernés. L’arrêt des emplois aidés met également en péril le dynamisme culturel français. Au-delà de la brutalité de l’annonce et du mépris affiché pour ces emplois soi-disant inefficaces en termes d’insertion, c’est tout un tissu associatif et aussi les actions sociales de centaines de municipalités qui sont déstabilisés.

L’inquiétude grandit en ce début de mandat car la société civile, en particulier le tissu associatif, se retrouve fragilisée économiquement et, en même temps, reléguée à la marge des débats politiques, très loin des aspirations de nombreux électeurs, y compris dans le camp du Président, de voir la France évoluer vers un modèle démocratique plus participatif et moins centralisateur. En révisant sa position et en invitant la société civile à penser l’alternative, le gouvernement montrerait qu’il a enfin entendu et compris le message porté très largement par des acteurs associatifs et des élus dans tout le pays.

L’équipe d’animation de VoxPublic

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