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Prison : pour les alternatives à l’enfermement !

Publié le 14 novembre 2017

Pour la deuxième fois depuis sa création, VoxPublic se retrouve aux côtés d’une association intervenant sur les politiques carcérales françaises. Après un partenariat couronné de succès avec le Genepi, c’est au tour de l’Observatoire International des Prisons - section française (OIP) de solliciter nos savoir-faire.

 Zlatko Vickovic - Licence CC
Zlatko Vickovic - Licence CC

Depuis trop longtemps, la France est un mauvais élève en matière de respect de la dignité des détenus. A ce titre, elle a déjà été condamnée à dix-sept reprises par la Cour européenne des droits de l’homme. Le mal français est bien connu : des prisons vétustes et surpeuplées, où se côtoient petite et grande délinquance, mais aussi des coupables de délits mineurs commis par des personnes en grande précarité sociale.

Au 1er octobre 2017, la France comptait ainsi 68 574 détenus pour une capacité d’accueil de 58 664 places, avec un taux d’occupation de 139 % dans les maisons d’arrêt. La France enferme donc beaucoup et pour des peines de plus en plus longues, contrairement à ce qui se fait dans de nombreux pays européens (Allemagne, Espagne, Pays-Bas, Italie, Scandinavie, etc.) où l’on ferme des prisons.

Dans ces conditions, la prison n’offre aucune possibilité de réinsertion des détenus et la France connaît un taux de récidives important : 63 % des détenus sont à nouveau incarcérés dans les cinq ans qui suivent leur libération. La solution ne se trouve pas plus dans la construction de nouvelles places de prison, car toutes les statistiques démontrent que plus l’État construit de cellules, plus il emprisonne !

Développer d’urgence les alternatives à l’emprisonnement

Lors de l’examen de la loi de Finances 2018, l’OIP et 26 autres acteurs (associations, syndicats) impliqués sur la question carcérale ont enjoint les députés à augmenter les crédits pour les peines alternatives ainsi que les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP). Au-delà de son coût humain, ces organisations rappelaient ainsi que l’enfermement est la sanction pénale la plus onéreuse pour le contribuable : « le coût d’une journée de détention pour l’administration pénitentiaire est en moyenne de 104 euros, quand celui d’un placement extérieur est de 34 euros par jour et le placement sous surveillance électronique de 10 euros.  »

Dans sa campagne « Ça ne vaut pas la peine  » menée début 2017, l’OIP racontait aussi l’absurdité de l’enfermement pour de courtes peines, comme cette mère toulousaine condamnée à six mois de prison pour conduite sans permis alors qu’elle était enceinte et emmenait ses enfants à l’école. La première des alternatives est donc la réduction du recours à l’incarcération.

Les récentes déclarations d’Emmanuel Macron en faveur du développement des travaux d’intérêt général, ainsi que la visite surprise de député.e.s issu.e.s de la commission des Lois dans des prisons françaises, annoncent l’ouverture d’un débat parlementaire pour une réforme du système carcéral et le développement des peines alternatives, bien que pour le moment ces annonces n’aient pas été confirmées par une augmentation du budget en faveur des alternatives. En 2018, le gouvernement présentera au Parlement une loi quinquennale de programmation des moyens de la Justice définissant les orientations budgétaire jusqu’à la fin du mandat présidentiel.

VoxPublic va donc appuyer, dans les prochains mois, toutes les associations qui, comme l’OIP, souhaitent influencer la future politique carcérale afin de résoudre cet affront à la dignité et aux droits humains.

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