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Genepi - prison

Publié le 19 février 2019

Le Genepi, association estudiantine qui assure une présence auprès de personnes incarcérées, a contesté une sanction politique et financière suite à ses prises de position critiquées par l’administration pénitentiaire. Après 4 mois et demi de mobilisation, elle a obtenu de signer une nouvelle convention avec le ministère de la Justice, permettant ainsi à des centaines de bénévoles d’agir à nouveau en détention.

CC Olli Homann

Mise à jour 19 février 2019 : Jeudi 14 février 2019, une nouvelle convention a finalement été signée entre le Genepi et la direction de l’Administration pénitentiaire (DAP) du ministère de la Justice. Il aura fallu 4 mois et demi de mobilisation du Genepi, et le soutien de dizaines d’organisations et de personnalités - et une couverture médias exceptionnelle - pour que le ministère de la Justice et le Genepi signent cette nouvelle convention triennale indispensable pour que les étudiant.e.s bénévoles du Genepi aient accès aux prisons françaises et mener des actions auprès des détenu.e.s.

Dès l’annonce de la suppression de la convention, le 20 septembre 2018, l’équipe du bureau national du Genepi a sollicité le soutien de VoxPublic pour les conseiller dans leur stratégie de plaidoyer et de médiatisation de leur combat.

Mise à jour 5 novembre 2018 : Médiatisation de grande ampleur du bras de fer entre le Genepi avec l’administration pénitentiaire du ministère de la Justice (Voir la revue de presse)

Acteur impliqué : Le Genepi

L’association Genepi est une association estudiantine, qui compte une cinquantaine de groupes locaux bénévoles en France, assure depuis plus de 40 ans des ateliers socio-éducatifs auprès de personnes incarcérées. Le Genepi s’est aussi donné pour mission de sensibiliser l’opinion publique sur la situation – déplorable – des prisons françaises. Structurés sur une logique très forte de renouvellement, les permanents du bureau sont renouvelés entièrement chaque année sous forme de service civique proposé aux étudiants adhérents.

Contexte

En 2016, la campagne de communication du Genepi, autour du slogan « La prison nuit gravement à la société » ou "La prison tue" pour dénoncer les suicides, a déplu à la direction de l’administration pénitentiaire. A travers ses critiques contre l’univers carcéral, le Genepi ne disait rien d’autre, à sa manière, que ce que des institutions officielles, comme le Contrôleur général des lieux privatifs de liberté, disent aussi. La situation des prisons françaises n’est pas tolérable et constitue une atteinte grave aux droits fondamentaux des personnes privées de liberté. Tout ceci contribue à l’échec sociétal mis en avant par le Genepi puisque en France le taux de récidive après une peine de prison ferme est l’un des plus forts d’Europe.

En mars 2017, l’association reçoit un "blâme financier" de la part de l’administration pénitentiaire qui souhaitait réduire substantiellement sa subvention annuelle, une décision justifiée auprès des génépistes par la direction de la pénitentiaire indiquant « on ne mord pas la main qui vous nourrit » qui montrait ainsi une volonté claire de restreindre la liberté d’action et d’opinion de l’association. Après une solide mobilisation et une interpellation au plus haut niveau, avec le soutien de VoxPublic, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas décidait de revenir sur la décision de son administration de tutelle et de rétablir la subvention du Genepi en avril 2017 (voir cet article du Monde).

Nouvel épisode en septembre 2018, le Genepi est cette fois mis à la porte des prisons françaises suite à la suppression pure et simple, présentée comme "définitive et irréversible", par l’administration pénitentiaire de la convention qui encadrait ses activités, facilitait l’accès des bénévoles en prison et garantissait une subvention annuelle de 50.000€ pour le fonctionnement de l’association. L’association a fait à nouveau appel à VoxPublic pour mener un nouveau bras de fer avec le ministère de la Justice.

Objectif

En 2017, l’enjeu était de recouvrer une subvention tout en préservant la liberté de parole de l’association et l’indépendance de son action. Depuis le 20 septembre 2018, avec la suppression de la convention liant le Genepi et la DAP, l’enjeu était de garantir l’existence même de l’association puisque sans convention, le Genepi n’avait plus accès aux prisons et donc voyait sa raison d’être remise en cause.

Rôle de VoxPublic

Le Genepi a décidé de travailler en collaboration avec VoxPublic pour définir et mettre en oeuvre sa stratégie visant à instaurer un rapport de forces plus équilibré et obtenir du ministère de la Justice qu’il revienne sur les sanctions menaçant l’existence de l’association et sa capacité à intervenir auprès des personnes détenues.

Des bénévoles du Genepi lors d'une action de sensibilisation

Un appui précieux pour le Genepi

« Face à la situation de crise associative historique que connaît le Genepi, VoxPublic nous accompagne depuis le départ, et fait preuve d’une grande écoute, de disponibilité et d’empathie. L’ensemble des conseils reçus a permis d’établir une stratégie collective en accord avec les valeurs du Genepi et a conduit à une médiatisation d’ampleur nationale et locale »

ont indiqué des membres du bureau national fin novembre 2018.

Un premier bras de fer victorieux

Sous la pression, le ministre de la Justice a, selon Le Monde daté du 20 avril, annulé la décision de réduction de la subvention. Le 16 mai 2017, le Genepi a reçu une notification officielle de la direction de l’Administration pénitentiaire que sa subvention 2017 ne serait pas diminuée.

« L’équipe de VoxPublic a été un soutien sur la durée ce qui nous a permis d’atteindre l’objectif fixé. Leurs conseils étaient pertinents et bienvenus, ils ont su faire preuve de réactivité, et nous avons beaucoup appris de leur aide. »

Le Bureau national du genepi, mai 2017

En détails

Nom de l'organisation :
Genepi

Zone d'action :
Nationale

Période d'action :
En cours

Domaine d'action :
Injustices sociales

Site internet :
Site Genepi

Injustices sociales

Cette situation est durement ressentie par celles et ceux qui la subissent. Elle est aggravée par la persistance d’inégalités sociales, qui sont vécues comme des injustices sociales. Selon que l’on se trouve dans un milieu aisé ou défavorisé, l’accès à des droits essentiels comme la santé, l’éducation, l’emploi ou le logement varie fortement, une situation contraire au principe d’égalité républicaine.

Des milliers d’associations sont engagées pour venir en aide aux personnes dont les droits ne sont pas effectifs. Mais les politiques publiques restent très en-deçà des besoins lorsqu’elles ne fragilisent pas un peu plus les systèmes éducatifs ou de santé par exemple. VoxPublic entend soutenir les acteurs de la société civile qui se battent contre ces injustices sociales.

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